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Dossier · Carburants

Prix des carburants : le relevé quotidien des stations

Pistolet de distribution de carburant reposant dans son support sur une station déserte, à la tombée du jour

Le prix affiché à la pompe additionne quatre couches : le produit raffiné coté sur un marché de gros, une accise fixe par volume, la taxe sur la valeur ajoutée appliquée à l’ensemble, et la marge du point de vente. Les trois premières sont quasi identiques partout au même moment. La quatrième explique l’essentiel des écarts que vous constatez.

L’essentiel

  • L’écart entre deux stations voisines vient du modèle commercial du point de vente et de son rythme d’approvisionnement, pas du produit vendu.
  • Un détour se paie en carburant : l’économie réelle est toujours inférieure à l’écart affiché au litre, et parfois nulle.
  • Le prix au litre ne compare pas deux carburants entre eux ; seul le coût aux 100 km le fait, parce qu’il intègre la consommation.
  • Environ une station cotée sur deux a déclaré son prix dans les dernières vingt-quatre heures : le totem affiché fait foi sur la base publique.
  • Le nombre de stations cotées change d’un carburant à l’autre, et une moyenne portant sur un réseau restreint ne se compare pas à celle du gazole.

Périmètre Cette page s’adresse à un automobiliste qui veut comprendre ce qu’il paie et arbitrer ses pleins. Elle ne traite ni du coût total de détention d’un véhicule, ni du choix d’une motorisation, ni des tarifs de flotte ; pour le calcul comparé de deux carburants, voir le coût réel au 100 km.

Le prix affiché à la pompe se décompose en trois blocs : le produit acheté sur le marché de gros, les taxes prélevées à la mise à la consommation, et la marge de distribution du point de vente. Les deux premiers sont quasi identiques pour toutes les stations d’un même pays à un instant donné. C’est le troisième qui explique l’essentiel des écarts que vous constatez d’une enseigne à l’autre.

  • L’écart entre deux stations voisines ne vient presque jamais du produit, mais du modèle commercial du point de vente et de son rythme d’approvisionnement.
  • Un détour pour un prix plus bas se paie en carburant : l’économie réelle est toujours inférieure à l’écart affiché, et parfois nulle.
  • Le prix au litre ne compare pas deux carburants entre eux. Seul le coût aux 100 km le fait, parce qu’il intègre la consommation.
  • Les prix déclarés dans les bases publiques accusent un décalage qui peut atteindre plusieurs heures. Le prix affiché sur le totem fait foi.

Cette page s’adresse à un automobiliste qui veut comprendre ce qu’il paie et arbitrer ses pleins. Elle publie le relevé du jour, extrait de la base publique des prix, et explique la mécanique qui le produit. Elle ne traite ni du coût total de détention d’un véhicule, ni du choix d’une motorisation.

Comment le prix affiché à la pompe est réellement formé

Un litre vendu en station porte quatre couches successives. La première est le produit raffiné, coté sur un marché de gros européen, dont le prix suit le brut avec un décalage de quelques jours et une amplitude propre à chaque carburant. La deuxième est l’accise, un montant fixe par hectolitre prélevé à la mise à la consommation, indépendant du cours du produit. La troisième est la taxe sur la valeur ajoutée, qui s’applique à l’ensemble, accise comprise. La quatrième est la marge du distributeur, qui couvre le transport, l’exploitation du site et le résultat du point de vente.

Quatre feuilles de papier empilées en décalé, la première portant un unique trait ambre, en lumière rasante

Cette construction a une conséquence directe sur la lecture des variations. Comme l’accise est un montant fixe et non un pourcentage, une hausse du produit se répercute proportionnellement moins qu’on ne l’imagine sur le prix final ; à l’inverse, une baisse du brut ne se voit à la pompe qu’amortie. Toute affirmation du type « le brut a baissé de dix pour cent, donc le litre devrait baisser d’autant » ignore cette mécanique.

La deuxième conséquence concerne le délai. Une station vend le stock qu’elle a acheté, pas le cours du jour. Un site livré deux fois par semaine répercute plus vite qu’un site livré deux fois par mois. C’est ce décalage d’approvisionnement, et non une décision commerciale, qui explique une part des écarts observés pendant les périodes de forte variation.

Pourquoi l’écart entre deux stations voisines dépasse parfois quinze centimes

Trois facteurs se cumulent. Le volume vendu d’abord : un site à fort débit amortit ses coûts fixes sur davantage de litres et peut vivre avec une marge unitaire plus faible. La fonction du carburant dans le modèle commercial ensuite : dans la grande distribution, le carburant sert souvent d’argument de fréquentation, et sa marge n’a pas à porter le résultat du site. La position enfin : une station d’autoroute ou de zone isolée sert une demande captive, avec des contraintes d’exploitation et une élasticité au prix très différentes.

Ces trois facteurs sont structurels, pas conjoncturels. Ils expliquent pourquoi le classement relatif des stations d’une même zone reste stable dans le temps, même quand tous les prix montent ou descendent ensemble. Repérer une fois les deux ou trois points de vente les moins chers de son territoire habituel vaut mieux que comparer à chaque plein.

Reste l’arbitrage qui compte vraiment, et il n’est pas dans le classement. Un écart de six centimes au litre représente trois euros sur un plein de cinquante litres ; onze kilomètres de détour à six litres et demi aux cent km en consomment près de deux euros et demi. L’économie réelle fond, et le temps passé n’est même pas compté. C’est exactement ce que calcule notre comparateur de stations, qui met l’écart en regard du détour au lieu de classer sur le seul prix affiché.

Ce que dit la base publique des prix, et ce qu’elle ne dit pas

Les prix pratiqués par les points de vente français font l’objet d’une déclaration publique, consultable sur prix-carburants.gouv.fr et diffusée en données ouvertes sur data.economie.gouv.fr. C’est la source qui fonde toute la thématique carburants de ce site, et c’est aussi la seule qui permette un relevé à l’échelle du pays sans dépendre d’un opérateur privé.

Elle a trois limites qu’il faut connaître avant de s’en servir. La déclaration est faite par le point de vente, avec son propre rythme : un prix peut avoir changé sans que la base le reflète encore. Toutes les stations référencées ne remontent pas tous les jours, et l’absence d’un site un jour donné n’est pas une fermeture. Enfin, la base décrit des prix affichés au public : elle ignore les tarifs professionnels, les cartes de flotte et les remises différées en caisse, qui déplacent le classement réel sans y apparaître.

Une extraction sérieuse porte donc toujours son nombre de stations remontées ce jour-là, sa date et son heure, et la mention des zones absentes. Une moyenne nationale publiée sans ces trois éléments est invérifiable : rien ne permet de savoir si elle porte sur neuf mille stations ou sur trois cents.

Comment vérifier vous-même le prix relevé près de chez vous

Carnet ouvert sur des pages quadrillées vierges, un signet ambre en travers de la pliure, un stylo posé à côté
01

Relevez le totem, pas l’écran

Le prix affiché en bord de route est celui qui vous sera facturé. Notez-le avec la date et l’heure : sans cela, vous n’aurez qu’un souvenir, et un souvenir ne se compare pas.

02

Comparez à la même heure du cycle

Un relevé du vendredi soir et un relevé du mardi matin ne mesurent pas la même chose. La régularité de l’heure compte davantage que la fréquence des relevés.

03

Tenez la série, ne gardez pas le dernier point

Trois relevés espacés disent si le prix bouge ; un relevé isolé ne dit rien. Notre outil de série calcule moyenne, étendue et dispersion sur vos propres constats.

Une fois la série tenue, deux calculs deviennent possibles. Le premier est l’arbitrage du détour, traité plus haut. Le second est la comparaison entre carburants, qui ne se fait jamais au litre : un carburant vendu bien moins cher est souvent consommé en plus grande quantité pour la même distance, et le passage à l’essence modifiée suppose en outre un boîtier dont le coût s’étale sur des milliers de kilomètres. Notre calculateur de coût aux 100 km pose les deux carburants côte à côte et donne le kilométrage d’amortissement, hypothèses affichées.

Le relevé du jour, et ce qu’il faut en lire

Relevé du 16 octobre 2026 à 09h49 sur 9 818 stations remontées par la base publique des prix, dans 96 départements. La colonne « 80 % des stations » borne le dixième le moins cher et le dixième le plus cher.
CarburantMoyenneMédiane80 % des stationsÉcart-typeStations cotées
Gazole2,363 €2,360 €2,250 à 2,459 €0,0859 233
SP95-E102,170 €2,188 €1,990 à 2,279 €0,1047 335
SP952,227 €2,245 €1,990 à 2,309 €0,0992 769
SP982,277 €2,299 €1,990 à 2,397 €0,1327 217
E850,914 €0,889 €0,859 à 0,999 €0,0753 739
GPLc1,065 €1,059 €0,986 à 1,158 €0,0801 516

40 % des stations cotées ont déclaré leur prix dans les vingt-quatre dernières heures ; les autres remontent plus lentement, et leur prix affiché peut avoir changé. Source : Prix des carburants, flux instantané — data.economie.gouv.fr, consultée le 16 octobre 2026.

Trois colonnes méritent plus d’attention que la moyenne. La médiane, d’abord : quand elle s’écarte de la moyenne, c’est qu’une minorité de stations très chères ou très bon marché tire la moyenne, et c’est la médiane qui décrit alors le prix couramment pratiqué. L’intervalle qui contient quatre stations sur cinq, ensuite : il dit ce que vous pouvez raisonnablement espérer trouver, là où le minimum national correspond souvent à une station isolée que vous n’atteindrez jamais. L’écart-type enfin, qui mesure à quel point les stations se ressemblent.

Le nombre de stations cotées varie d’un carburant à l’autre, et cet écart est une information. Un carburant proposé par moins de la moitié des points de vente ne se compare pas au gazole sur la même base : sa moyenne porte sur un réseau plus restreint, souvent concentré dans certaines zones. Nous affichons ce nombre pour cette raison, et pas seulement par scrupule.

Ce relevé est reconstruit à chaque extraction. Il ne dit pas ce que vous paierez : il dit ce qui était déclaré à cette heure-là, sur ce périmètre-là. Le prix affiché au totem de votre station fait foi.

À lire ensuite

Les quatre sujets que ce dossier ouvre

  • Prix du gazole : évolution mois par mois et écarts régionaux.
  • Bioéthanol E85 : prix au litre et coût réel du boîtier.
  • SP95 ou SP98 : ce que l’écart de prix change vraiment.
  • Essence : comment le prix à la pompe est réellement fixé.

Ces sujets sont traités au fil des publications, sous la catégorie qui porte le format du site.

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